Le
désarroi de la mère de famille habité
par le syndrome de la potiche conjugale - Dépression
incurable
Désolée les filles,
mais les femmes mariées que nous sommes,
sont des potiches.
Peut-être en tant que
potiche diplômée, je veux, pour diminuer
mes embarras, assimiler mes consœurs à
mon statut.
Quoiqu'il
en soit, j'envisage d'afficher ma profession et
d'en faire une enseigne. Une enseigne de potiche
sur la façade de ma demeure. Les passantes
diront d'un air narquois : "C'est là
qu'elle travaille, la potiche !"
Mais à quoi donc une
potiche se démène-t-elle ? Elle
travaille à son mariage par automatisme
et incapacité à faire autre chose.
Ce n'est pas très évolué,
l'esprit d'une femme mariée d'autant plus
que la présence des enfants ne lui permet
pas de déroger. Pas question de ne pas
préparer le petit déjeuner un matin,
histoire de faire grève !
Vous ne vous sentez pas vraiment
concernée par le spleen de l'épouse
déprimée ?
Serais-je donc la seule femme
à s'être mariée par amour
? J'espère que non tout de même !
Serais-je la seule femme à
ne pas aimer faire la cuisine ? Ce qui implique
que chaque jour de ma vie, je prépare les
repas avec peu d'enthousiasme. La préparation
d'une salade verte est un calvaire.
Serais-je la seule femme à
ne pas échanger plus de trois mots à
son mari ?
J'ai tant à dire à
mes copines et rien à celui avec qui je
vis...
Serais-je la seule femme à
m'ennuyer au lit ? Quand je parle d'ennui, je
minore le phénomène de morosité
dont souffre mon corps.
J'ai une vie vide, sans sensation.
J'ai des réactions rigides à tout
ce qui est mobile, rigidité cadavérique
oblige. J'ai la forme d'une cruche avec mes hanches
larges et ma taille resserrée, j'attends
d'être remplie de quelque chose.
Le mariage ou les illusions perdues
- Le mariage est la forme la plus virulente de
la solitude.
Nous les femmes, nous nous
jetons dans la vie avec une dose de rêve
au-delà de ce que la meilleure des vies
pourrait nous apporter. Nous partons avec la vision
du "couple salutaire" et pourvoyeur
de tous nos besoins et une fois en couple, nous
n'avons de cesse de rêver à ce que
nous pourrions faire si nous n'étions pas
arrimées à notre tour de potier
qu'est le mariage. Toutes nos envies tournent
en rond et nous enivrent. Les lendemains de cuites
sont plus durs à vivre parce que nous pensons
que notre vie nous échappe.
Naïve comme une cruche
vide, je n'ai plus eu envie de l'être.
Le mariage est vraiment trop
prédisposé à l'ennui. Nos
maris s'ennuient avec nous et nous nous ennuyons
avec eux. Chacun se tait pour ne pas éveiller
le moindre soupçon de désenchantement
par crainte de faire de la peine. Si chacun sondait
l'esprit de l'autre, il verrait de ces choses
bien croustillantes, un tantinet graveleuses,
très nettement immorales. A quand le mariage
dévergondé ? Les mariages sont trop
menteurs pour dire qu'ils sont tristes comme la
pluie un jour d'été.
PS : Depuis 1 mois, j'ai un
amant qui me grimpe dessus comme un alpiniste
chevronné monte sur le Mont-Blanc. Pour
une première course, je me sens plus jeune,
j'ai la peau plus ferme parce que gonflée
de désirs et non de collagènes.
Ce n'est pas une panacée, mais un début
de randonneuse prometteur. Je ne m'ennuie plus,
je m'amuse, les rides de mon visage s'estompent,
dans quelques semaines j'aurais retrouvé
mes 20 ans. Il suffirait de presque rien, d'un
peu d'amour et je serai la femme mariée
la plus heureuse en adultère.
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