Le
mariage est une prison
"Tout d'abord, bonjour!
Je vous écris car je
me sens désemparée. Je vis une relation
amoureuse (elle n'en a que le nom) dans le cadre
d'un mariage sinistre depuis bientôt 9 ans,
j'ai 2 petits en bas âge.
Je pense que tout a commencé
à la naissance de mon aînée,
je me suis sûrement sentie plus mère
que femme... puis il est vrai que nous avons fait
les choses vite, en quelques mois de relation
nous vivions déjà ensemble et en
moins d'un an j'étais enceinte et nous
nous sommes mariés à la suite de
cela. Je pense que ce constat y est pour beaucoup,
mais cela fait bientôt 5 ans que rien ne
va plus, comme une descente aux enfers et j'ai
l'impression d'être prisonnière.
Ces 5 dernières années ont été
un gouffre sans fin avec des étapes palliatives...
Toujours est-il que j'en suis
arrivée à un stade où je
ne supporte plus rien. Nous n'avons plus de rapport
depuis des mois. Excuse : môssieur m'a connue
mince, j'ai évidemment pris des kilos avec
2 grossesses consécutives et donc je suis
maintenant trop grosse pour lui. Nous ne nous
entendons pas non plus sur l'éducation
des petits... J'ai quitté mon emploi il
y a peu. Enfin, maintes raisons qui me font être
prisonnière et n'avoir aucun courage de
partir, l'envie en est pourtant là !!!
Mais pour lui il me serait difficile de vivre
avec 2 petits et il ne veut aussi en aucun cas
s'en séparer.
J'ai donc fini par me résigner,
j'ai voulu des enfants et j'assume; c'est un moyen
de se réconforter, je l'avoue...
Par la force des choses je
présume, par ennui, par besoin, j'en suis
arrivée à rêver d'un amant
!! Dur de l'accepter. J'ai donc eu ma 1ère
expérience ("grâce à
vous") il y a quelques mois qui a été
très minable. D'ailleurs l'envie étant
toujours là, il y a peu, cela s'est joué
en quelques semaines (à nouveau votre "saint
catalogue"), j'ai rencontré un homme
avec ses problèmes lui aussi, ses histoires
mais tout de même libre (il n'est plus en
couple) et nous avons décidé de
nous rencontrer.
Et me voilà maintenant
déboussolée, on se connaît
si peu, physiquement c'est extra mais j'ai peur.
Je suis inquiète, je ne sais pas comment
interpréter ce qui nous arrive, je ne veux
pas l'assaillir de questions pour qu'il ne prenne
pas la fuite. Tout ceci étant très
récent, j'ai peur de m'attacher, que ma
situation l'effraie (moi en couple n'osant pas
quitter mon mari).
A votre avis, mes questions
sont-elles légitimes, je mets peut-être
la charrue avant les boeufs ?
Cela restera sans doute qu'une
relation physique ou peut-elle évoluer
?
Merci à vous toutes
les 13F d'être là et nous comprendre,
nous les femmes mariées, paumées
dans des amours inextricables"

Bonjour chère consommatrice
!
Et si vous cessiez de vous
interroger sur des hypothèses du futur
? Que sera cette nouvelle relation ? Une liaison
purement sexuelle, une passion furieuse, une complicité
tendre ? Qui voulez-vous qui vous réponde
?
Ce sera ce que vous en ferez
pour part. Ce sera ce qu'il en fera pour part.
Si vous vous livrez à lui et qu'il se livre
à vous, il est possible que ce soit une
belle histoire. Sous conditions que vos problèmes
personnels à tous les deux ne viennent
pas interférer et deviennent le ciment
de votre relation. Dans le cas contraire, vous
génèreriez une entraide de principe
plus qu'un sentiment vrai l'un pour l'autre. Ne
mélangez pas vos problèmes. Il a
les siens, qu'il les règle, vous avez assez
des vôtres.
Si votre relation dure et
que cet homme soit réellement disponible,
après un long apprentissage de l'autre
(vous savez où vous mena votre première
précipitation) il vous faudra trouver une
réponse à sa demande de vie commune.
Vous devrez assumer cette phase en tant que prisonnière
ou libérée. Vous ne pourrez exiger
de lui qu'il s'enferme dans votre style de vie,
à votre disposition, sacrifié pour
plaire à votre souci d'immobilité.
La question est : pourquoi
ne voulez-vous pas vous battre pour votre liberté
? Vous semblez vous en remettre à l'autre,
comme si l'autre devait vous faire vivre et prendre
en charge votre goût pour une vie heureuse.
On doit donc faire votre bonheur ? Le bonheur
ne se sert pas, il se gagne avec son sang, sa
souffrance, ses défaites qui sont des prétextes
à des victoires futures... Il n'est pas
dur de prendre un amant, il est très dur
de le garder ! En serez-vous capable ?
Les questions sont : pourquoi,
inexorablement, votre relation avec votre mari
a-t-elle pris l'eau en un temps "record"
? Pourquoi n'avoir pas pris le "contrôle"
de votre poids ? Pourquoi avoir quitté
le monde du travail qui était une porte
de sortie ? Vous mettre sous la dépendance
financière de votre geôlier est une
réaction à contresens. Pourquoi
la crainte du jugement à votre égard
de votre amant et non votre affirmation en tant
que femme vous chagrine ? Votre amant pensera
de vous ce que vous émettrez... Si vous
émettez un laisser-aller vers l'absurde,
votre abandon rejaillira sur cette opportunité
éventuelle de bonheur...
Votre mari décrète
que vous ne seriez pas en mesure d'assumer une
éducation seule face à vos enfants...
Cela ne semble pas vous irriter, en êtes-vous
convaincue d'emblée ?
Vous vous sentez prisonnière
de votre vie de couple, ne seriez-vous pas prisonnière
de votre passivité ? D'où vous vient
cette dernière ?
Si votre liaison est le reflet
d'un non-engagement qui semble être votre
façon de vivre, vous ne serez pas plus
heureuse ailleurs. Un couple est un combat, un
mélange d'attaque et de défense,
une lutte pour exister face à l'autre.
L'amour est l'exaltation de tous les désirs,
les désirs sont l'inaccessibilité,
le tumulte des sens et de l'esprit.
Ce que vous vivez avec votre
amant est un début d'histoire... Un joli
début... si vous voulez que ça dure,
il va vous falloir vous battre, sortir les griffes
et être, en toutes circonstances, désirable
autant psychologiquement que sensuellement. Si
vous vous en remettez au bon vouloir de la destinée,
vous retournerez dans votre prison... Un mauvais
esprit pourrait croire que vous y êtes bien
puisque peu de choses vous donnent l'envie de
la quitter. Qu'y a-t-il dans cette prison qui
vous attire ?
Nous vous embrassons de tout
coeur, nous apprécions votre amitié.
13F
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