La
femme de rêve : la pire des rivales
"Que penser de la femme
au travers du temps ?
Blonde pulpeuse, nymphette diaphane, bourgeoise
vertueuse... Les canons de beauté
n'ont cessé d'évoluer au cours
des siècles. Marylin Monroe aurait-elle
été une beauté dans
l'Antiquité ? Apprécierions-nous
la femme idéale du XVIIe siècle
?
A la fin du XIXe siècle
déjà, Degas et Toulouse Lautrec
mettent en avant un nouveau type de beauté
: au cabaret ou dans des cadres plus intimes,
des demi-mondaines dévoilent leurs
formes sous un flot de jupons ou se montrent
alors qu'elles font leur toilette. La minceur
devient bientôt synonyme de bonne
santé. La bourgeoise engoncée
dans son corset et sujette aux vapeurs laisse
la place à une femme libérée
et en bonne santé. Dans les Années
folles, c'est la fameuse mode de la garçonne
: cheveux coupés court, légère
et court vêtue, la nouvelle beauté
est androgyne. Tout doit être aplatis
tandis que les robes sans manches et arrêtées
au genou doivent laisser voir des bras musclés
et des jambes fines.
Rondeurs, lèvres
pulpeuses... Après la Seconde Guerre
mondiale, la minceur est synonyme de mauvaise
santé. Hollywood, la nouvelle usine
à rêves toute puissante, crée
un nouvel idéal féminin :
blonde et sensuelle, l'actrice hollywoodienne
a toujours un air de Marilyn. Cette dernière,
qui a commencé par poser dévêtue
pour des calendriers, s'est transformée
pour correspondre parfaitement au nouveau
modèle : s'étant éclairci
les cheveux en blonde platine, elle est
devenue l'image même de la beauté
idéale, pure et féminine,
volcanique et enfantine. Mais tout est bien
différent dans la "vraie"
vie, où les conventions sociales
sont soigneusement respectées : certains
parents interdisent aux adolescentes de
se maquiller, le flirt est chaperonné,
les fiançailles et le mariage sont
très codifiés. Mais le cinéma
continue de créer la femme. Les grands
écrans révèlent des
stars jeunes et pulpeuses : Silvana Mangano,
Liz Taylor, Sophia Loren et Gina Lollobrigida.
Dans les publicités, les pin-up prolifèrent
: ces femmes féminines et maternelles
rassurent ; leur corps est celui de l'abondance
et de la bonne santé. C'est aussi
la fin du teint pâle : le visage hâlé,
synonyme d'une vie sportive et aérée,
est désormais de mise. Le bikini
a été inventé pendant
la Seconde Guerre mondiale, la minijupe
dans les années 1960 : en 1968, les
étudiantes brûlent leur soutien-gorge
en gage de contestation. Peu à peu,
la beauté idéale est sortie
de son carcan bourgeois : place au refus
du modèle établi et à
la libération de la femme !
Et C'est bien là
où la femme se révèle
Libre et Belle. Elle n'est plus cet Objet
à disposition de l'homme. Elle s'affirme,
réussit, séduit, choisit....Elle
vit....C'est comme ça que l'on vous
aime : Vivante."
Un amateur anonyme

La femme est décidément
belle, désirable, envoûtante
: pas encore séduite, pas encore
troussée. Chères amies, voyez
comme nous faisons rêver les hommes
- Pourtant malheur à toutes celles
d'entre nous qui s'abandonnent à
un homme car, dès lors, nous ne sommes
plus un rêve mais une réalité,
tôt ou tard, encombrante.
Combien de fois avons-nous
vu de la lumière dans le regard des
hommes qui nous convoitaient ? Et combien
de fois, au lendemain de notre reddition,
avons-nous vu des regards éteints
répudiant l'étrangère
?... Ils ne peuvent plus nous voir en peinture
une fois qu'ils nous ont couchées
sur la toile de leur satisfaction.
L'homme serait-il en
proie à la poésie du désir,
et rien que cela ? L'homme aimerait-il plus
l'image de la femme, que la femme elle-même
?
Les hommes nous aiment
vivantes, autant dire inaccessibles, pour
mieux crier victoire lors de notre conquête.
Il suffit que nous l'ouvrions pendant un
match de foot, ils nous préfèreraient
mortes.
Les meilleures parmi
nous savent offrir de savantes défaites
pour mieux faire régner leurs exigences.
Faire croire à un homme qu'il a su
nous saisir et le saisir en retour pour
que jamais il ne nous oublie, et le quitter
avant qu'il ne nous quitte... l'aventure
se prête à ce genre de conflit
d'espèces... Nous rêvons de
l'amour des hommes, pendant qu'ils rêvent
de la Femme. Mais que cette Femme pointe
son nez une bonne fois pour toutes et qu'on
en parle plus ! Si ça se trouve,
elle a de la cellulite et ronfle la nuit...
J'ai toujours eu l'impression
d'être trompée par l'image
de la femme, c'est agaçant !
Je ne crois pas qu'il
soit permis à une femme d'être
autre chose qu'une image auréolée
de perfection.
Une femme F-M-R* en quête
d'image sainte |