Comment
cirer une armoire qui n'a plus d'envie ?

Votre armoire à glace
de mari ne veut plus de vous ? Il n'en a rien
à cirer de vos moulures. Diable, c'est
à la fois grave, banal mais en rien infernal
!
Grave parce que le couple ne
menuise plus et ne construit plus rien qui vaille.
Bien sûr, il peut subsister un peu de tendresse
pour le bel appartement et ses jolis rideaux jus
de pomme mais de là à croire qu'un
cidre brut jaillira de la cave des bons souvenirs,
il ne faut pas prendre Madame pour une tisanière
qui infuserait dans l'illusion. Non, non, ce qui
vous arrive, Madame n'est que le fruit décroché
d'un désir perdu. Vous ne brillez plus,
vous êtes devenue un meuble habituel que
l'on trouve habituellement dans la chambre. Vous
avez la valeur marchande d'une lampe de chevet
usagée- vous savez, la bouteille de cidre
avec le lampadaire jauni : c'est vous. Bien sûr,
on a un peu de tendresse pour vous, vous avez
bien servi à éclairer quelques envies
pressantes d'antan mais depuis, votre jus a fermenté
dans une mauvaise lumière quotidienne.
Oui, vous êtes atteinte
de "banalisme" aigu. Vous êtes
devenue la femme mariée banale qui vit
ce que vivent les femmes mariées banales,
les indésirables du couple ! En conséquence
de quoi vous commencez sérieusement à
avoir un petit creux au niveau du plexus minoutesque.
Comment réagir ?
Comme cette starlette qui fait
briller son armoire avec le croupion en position
de la cireuse excentrique en attendant la trique
?
Pourquoi pas ? Mais si votre
mari, en cette situation, vous propose de déplacer
l'armoire en poussant du Q pour attraper les moutons
gisant d'ennui sur le plancher, il est préférable
de se faire cirer ailleurs.
Vous êtes là à
dire : "Je n'ai pas encore passé le
cap !", "Dois-je prendre un amant à
poil dur ou à poil mou ?", "Mon
postérieur préfèrera-t-il
un baume des antiquaires ou carrément une
paille de fer pour me décaper les "paresses
fessières" ?"
Si vous attendez un signe du
petit Jésus avant de vous faire lustrer,
vous allez vous "vermollir", mieux vaut
que votre corps prenne en charge vos désirs.
Vous consultez le catalogue
de prêt-à-aimer et ses promotions.
Vous écrivez à des modèles
qui vous inspirent le frottement. Vous rencontrez
sans tarder la multitude.
Deux cas sont possibles :
• Soit que vous êtes de chêne
et ceci malgré les efforts de bûcheron
de votre interlocuteur à vous faire croire
que vous êtes fendillable : dans ce cas
vous êtes une bûche qui doit retrouver
son armoire de mari.
• Soit que vous vous sentiez particulièrement
forêt tropicale devant un indigène
un peu sauvage qui vous inspire des chants grivois
: dans ce cas vous êtes baume pour un cirage
récurant jusque derrière les oreilles.
Mettez-vous en face de vos désirs.
Pas besoin d'intellectualiser
le fondement du mystère de l'étrangeté
du trouble pas clair de ce que vous pourriez ressentir
si vous osiez ressentir !
Soit que devant des hommes bien
choisis vous êtes une allumette et que leurs
grattoirs vous rendent folle, soit que vous êtes
en plein "cercueillite" parée
pour enterrer votre libido. "De profundis"
pour cette morte par négligence.
|