elleadore
débusquer les femmes obsédées
de France
Madame êtes-vous dans une
région infestée de femmes dégoûtantes
?
elleadore (site féminin
conventionnel) que nous adorons de plus en plus
n’a de cesse de colporter des nouvelles
étranges sur les petits plaisirs des femmes.
Nous y découvrons d’un œil assoupi
que les françaises rêveraient autant
de la chose que les français – vu
le nombre de femmes insatisfaites, il ne faut
pas s’étonner que certaines rêvent
d’un « touille-moi fort ! »
magistral. La source de cette information équitable
est un sondage effectué par un site de
rencontres occasionnelles et repris copieusement
par la journaliste qui n’a guère
envie d’enrichir sa source par quelques
nuances. On s’en fout de la réalité
des femmes, le tout est de balancer de l’accroche
!
Cette perspicace rapporte donc
que chacun, vous et nous en somme, pensons à
la bricole 10 à 20 fois par jour selon
l’âge et la région de France.
Toutes ces femmes qui pensent à ce rythme
sont des obsédées dixit l’informatrice.
Nous mettons au défi
quiconque d’être en pensée
profonde sur le rapprochement du petit oiseau
du monsieur avec le petit nid de la dame ne serait-ce
qu’une douzaine de fois par jour, chaque
jour de sa courte vie. Il peut arriver que le
désir nous enveloppe pour une bonne cause
mais la transe hormonale permanente ne s’intègre
pas dans un style de vie équilibrée.
Le dit sondage décrèterait
que les personnes de la quarantaine seraient en
manque d’inspiration : les pauvres - s’inquiète
la journaliste. Paris, selon elle, ne rêverait
pas pour cause de métro tandis que d’autres
régions telles que la Bretagne (par exemple
- les régions rurales tiennent la corde
des dérapages en sourdine) serait en plein
délire fantasmagorique : surtout les bretonnes.
Elles sont chaudes par en dessous les bretonnes,
un peu comme les crêpes, faut le savoir.
Nous espérons que cette info nourrira certaines
masculinités exacerbées qui seront
amenées à prendre des abonnements
TGV pour partir à la pêche des crêpes
farcies clairement baveuses. Le tourisme culinaire
prend le train désormais !
Dans les commentaires incontournables
des visiteurs d’elleadore dire des mièvreries,
une femme s’inquiète astucieusement
: elle est bretonne mais fréquente Paris,
quel est son taux de lubricité ? La montée
de la Bretonne en ville, ne lui fait-elle pas
perdre sa saveur ?
Vous apprécierez la
légèreté du propos. Penser
aux caresses, à l’abandon, était-ce
le fruit d’une obsession ou d’une
frustration ? La nuance est de taille. La frustration
est nationale, évidente parce que peu de
personnes parviennent à trouver le rythme
sensuel idéal. S’il y a de belles
marées montantes, il y a aussi de lamentables
périodes de basse mer.
Peut-être est-ce votre
cas Madame. Vous vous demandez s’il est
normal de vouloir de l’amour qui s’agrippe
à vous. Des femmes nous écrivent
à propos de l’image qu’elles
ont d’elles même : la honte d’avoir
des rêves intimes les tenaille. Est-ce normal
d’y penser autant ? Oui, si vous ne parvenez
pas à faire éclore votre libido
selon votre juste mesure.
Selon notre expérience
des rencontres amoureuses que nous gérons
depuis le 18 juin 2007. Tous les niveaux des envies
et des désirs sont à 50/50% entre
les hommes et les femmes. La façon de l’exprimer
est aussi explicite chez l’un comme chez
l’autre. La petite nuance est dans l’approche
des désirs… Une femme y mettra juste
un peu plus de formes avant de réclamer
la petite cuiller et encore pas toutes les femmes.
Seules les femmes qui sont en lutte contre cette
culpabilité qui les étrangle résistent
plus longtemps à la tentation du lâcher
prise. Leurs abandons, quand elles y parviennent,
n’en sont que plus sublimes. Coule en elles,
un ravissement qui les embellit.
La grande disparité
géographique supposée ne viendrait-elle
pas du fait que les parisiens ont accès
à des vies multiples en toute simplicité.
Les parisiennes affluent chez nous, elles constituent
le tiers de notre lectorat. Les bretonnes sont
plus « rares », peut-être rêvent-elles
mais la difficulté de mettre en œuvre
une rencontre amoureuse est plus difficile. Pas
de comparaison avec une grande ville, une forte
concentration de population = un choix vaste,
un transport aisé pour qu’en un quart
d’heure on se boive des yeux au café.
En Province, quand on est loin de tout, rencontrer
quelqu’un devient un budget, un transport,
un fort investissement en temps… Et une
prouesse pour préserver la discrétion
car tout se sait dans les communes. Même
si une femme célibataire démarche
légitimement pour rencontrer l’âme
sœur, il ne lui est pas recommandé
de s’afficher pour éviter d’être
la femme à hommes du quartier, voire du
canton. Alors on rêve peut-être davantage…
Ce n’est qu’une hypothèse…
Nos tendances sont donc citadines,
équitables hommes femmes et la pleine force
de l’âge et de l’action se situe
bien au-delà de la quarantaine. Notre spécialité
dans l’infidélité prédispose
à cette tranche d’âge. A moins
que ce ne soit l’horloge vitale qui indique
qu’il n’est plus temps de rêver
et qu’il ne reste que peu de temps à
l’action, autre hypothèse…
Chaque site de rencontres fédère
une catégorie de visiteurs. L’usage
du sondage devient un argument commercial afin
de prouver que la fiesta touche toute la population
et en priorité la catégorie fréquentée
par le site qui réalise le dit sondage
– autopromotion oblige. Les médias
féminins haranguent les foules avec des
appellations sulfureuses et recopient des vérités
partielles, tronquées. Les femmes obsédées,
réellement dépendantes sont aussi
rares que le respect des femmes et de leurs complexités
dans les webzines et magazines.
En conclusion, l’obsession
géographique est encore une invention médiatique.
On rêve quand on se sent seul(e) ou quand
quelqu’un qui nous plaît s’approche
de nous. Le reste du temps, c’est-à-dire
pratiquement tout le temps, il y a le quotidien,
le travail, la cuisine, la belle-mère et
le sommeil, ce grand trou noir dans lequel on
se distrait parfois à se croire vraiment
épanoui. Dans cette grande détresse,
les hommes et les femmes se tiennent la main dans
la frustration.
Peut-être n’avons-nous
pas su chercher sur Internet mais nous n’avons
jamais lu un article relatant la solitude sensuelle
dans le couple… Une analyse réfléchie
de ce qu’est le rêve inaccessible
d’être aimé(e) densément.
Trop down, sans intérêt, pas vendeur,
peut-être même subversif… Dommage
parce que nos françaises qui nous visitent
et nous écrivent pourraient en faire des
romans, voire des tragédies bretonnes !
Bretonnes, rêvez tranquillement.
Vous êtes des femmes délicieuses…
comme des crêpes au beurre… Hummmm,
on a beau dire, la Bretonne, c’est de la
bonne ! |