Mon
mari me rabaisse et me trouve grosse !
"Je crois que mon couple
n’a jamais été une love story.
Nous nous sommes mariés sans trop savoir
pourquoi. Parce que cela faisait 4 ans que nous
vivions ensemble, parce que je suis tombée
enceinte, parce qu’un mariage nous donnait
une certaine conformité… Enfin, une
multitude de choses qui n’était pas
de l’amour profond mais un arrangement avec
peu d’ambition. Je me souviens même,
le jour de mon mariage, d’avoir parlé
de mes doutes à ma mère. Elle m’a
répondu qu’une femme fait ce qu’elle
veut de son mari avec un petit sourire en coin.
Il est possible que ma mère ait su «
tenir » mon père mais moi je ne suis
arrivée à rien parce que mon mariage
est une source de peines sans cesse renouvelées.
Mon mari est « garagiste
amateur ». Le week-end il a des copains
qui viennent pour réparer une voiture,
une moto, une tondeuse. Il assure le spectacle
on m’appelant la grosse devant tout le monde.
Il en rajoute, fait son sketch et bien sûr,
la bière aidant, je suis la cible de toutes
les méchancetés sous mes fenêtres.
Je dégoûte mon mari et non seulement,
il me le fait sentir dans l’intimité
en évitant tout contact depuis des mois
sauf quand il est en trop plein. Là, il
me coince comme n’importe quelle fille des
rues. Je me retrouve prise comme un animal et
me repousse en s’en voulant de s’être
abaissé à me toucher.
Depuis deux mois il me trompe avec une femme que
je connais. Tout le contraire de moi bien évidemment.
Elle est mince et peut jouer les minettes affranchies.
Je suis ronde comme disent
les magazines mais je l’ai toujours été.
J’en suis arrivée à me dire
que le dégoût est la face cachée
de tout désir ou peut-être l’autre
face d’une même médaille. Le
désir quand tout va bien, sur la tranche
voilà l’indifférence qui ne
dure pas, quand la pièce retombe, côté
dégoût, tout est fini. Ma chance
a tourné et je ne vois pas comment je pourrais
retourner la situation. Le dégoût
contient une part de mépris que personne
ne peut surmonter sans perdre sa dignité.
Je n’ai pas l’intention
de me laisser prendre au jeu et croire un seul
instant que je suis une femme répugnante.
Je peux effectivement susciter des reproches acerbes
de la part de mon mari qui devient haineux, pour
autant je ne m’identifie pas à cette
haine.
Je vous écris pour que
les femmes comme moi, parce que je connais d’autres
épouses dans des situations similaires
et que je suis persuadée qu’il y
en a partout, pour leur dire que l’homme
qui les rabaisse est pourri par sa lâcheté
et ses aigreurs. Il se détruit lui-même.
Je crois que je trouverai une
solution à ma vie qu’à la
condition que je ne me laisse pas influencer par
les mots sales de mon mari et que je maintienne
une certaine confiance en ce que je suis : une
femme grosse mais sans plus, d’une intelligence
moyenne, d’une féminité normale.
Je crois que j’ai un chemin personnel à
faire mais que je ne suis plus très loin
d’être une femme libre intérieurement,
le reste suivra, j’en suis persuadée.
Evelyne
42 ans potelée mais pas flasque. Pas l’intention
de maigrir. Je fais du sport en douceur ! Quand
mon mari me trouve grosse, je divise par 10 son
reproche et je connais mon poids sans aller sur
la balance."
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