Formation
continue - cubitus et introspection

Des messieurs bien élevés
en batterie de borgnes nous confient régulièrement
leurs désappointements face à notre
misandrie chronique. Ils conviennent que l’homme
est imparfait mais cependant notre hargne féroce
à l’égard de l’espèce
masculine leur semble injuste… Nous avons
décidé de faire une introspection
afin de débusquer l’origine de notre
agressivité. Un, deux, trois ! Voilà,
nous nous sommes « introspectées
» de fond en comble. Nous avons décidé
de faire une pause dans notre aveuglement : que
la lumière masculine nous illumine !
Prenons un exemple au hasard
totalement hasardeux bien évidemment. Une
photo de famille ! Quoi de plus anodin qu’une
photo de famille ? Une mère et son poupon
: le sourire de la femme bienheureuse qui tient
son petit amour dans les bras. Un homme en chemise
– quoi de plus ordinaire – devant
une télévision allumée pendant
que madame materne – quoi de plus ordinaire
– dans cette télé : des images
naturelles d’hommes et de femmes qui se
mélangent en peau de cochon rose –
quoi de plus ordinaire.
Bien évidemment, notre
ancien esprit « non-introspecté »
aurait discerné une sorte de configuration
navrante du couple ordinaire. Nous aurions vu
le côté maternel d’une femme
naturelle et le côté lubrique du
zom en chemise. Tout cela est du passé.
Nous comprenons cet homme qui cultive l’art
de la connaissance corporelle pour qu’à
la prochaine germination, il puisse saisir la
femme de son choix dans une nouvelle approche.
Fort de ses connaissances télévisuelles,
il visualisera sa partenaire avec un fort potentiel
novateur. Il passera de la méthode «
je t’aplatis comme une crêpe avant
de t’embrocher jusqu’à la moelle
pendant trois secondes » à la méthode
enrichie « tiens prends toi ça dans
l’os, tu le sens comment mon cu-bit-us que
je t’envoie sous l’omoplate ? ».
Ainsi la femme maternelle se verra bénéficier
d’une nouvelle prestation de service. Elle
allaite, torche, pouponne, éduque et n’a
pas le temps de regarder la télé
naturelle : tel est son défaut. Peut-être
faudrait-il que Monsieur en chemise s’intéresse
au marmot pendant que Madame s’éduque
les épidermes… Voilà que ça
recommence, notre persiflage anti-homme. Reprenons
le fil de notre introspection. Il est naturel
que l’homme s’intéresse à
la vie animale pour transmettre son savoir à
la femme, sans cela cette dernière resterait
niaise. Ne dit-on pas que les zoms – pardon,
les hommes – déniaisent les femmes
trop peu intéressées par le côté
naturel de la vie télévisuelle !
Il s’agit d’une formation continue
que les hommes s’imposent pour épater
les femmes. L’homme éduque donc la
femme pendant que la femme éduque la descendance.
Comment les femmes ne peuvent-elles pas y voir
un souci de bien-être du couple ? Il faut
vraiment avoir l’esprit rétrograde
– donc féminin – pour suspecter
une attitude libidineuse. Imaginer qu’un
homme soit incapable d’avoir des rapports
imaginatifs et partagés sans affuter les
pulsions de ses méninges sur un écran
est proprement mesquin. Madame, si vous voyez
votre mari transpirer sur un écran, n’oubliez
pas qu’il se perfectionne rien que pour
vous !!!!!!!!!!!!! Si sa télécommande
éclabousse le canapé ou le parquet
du salon, ne grognez pas, il s’exerce à
la félicité conjugale ! Passez la
serpillère et n’en parlons plus.
Quand il vous déversera ses connaissances
sur votre rayonnage, vous serez une encyclopédie
de l’amour ! Vous avez encore des doutes
? « Introspectez-vous » Madame,
vous verrez, vous serez borgne mais pas aveugle
! |